05.08.2008
Metal Gear Solid 4 - Première Partie : délice ludique
C'est l'une de ces évidences incontestables : Metal Gear Solid 4 est aujourd'hui l'œuvre la plus importante de l'histoire du jeu vidéo.
Avant de me jeter dans une analyse de la place qu'il occupe dans l'évolution de ce media, je m'arrêterai quelques minutes sur l'expérience ludique qu'il propose, car en plus de s'affirmer comme une œuvre d'art à part entière, c'est aussi un jeu exceptionnel à tous points de vue.
Pour commencer, précisons ce point dont nombre de critiques, particulièrement sur internet, oublient de tenir compte lorsqu'ils parlent d'un jeu : l'expérience ludique est un moment extrêmement personnel qui peut être vécu très différemment par deux joueurs pour un meme jeu. C'est étonnamment un sujet peu abordé, qui conditionne pourtant à l’extrême la façon d'envisager le plaisir de jouer. De meme que le plus beau film de Kung-fu restera probablement inaccessible à l'amateur exclusif de documentaires animaliers, il est difficile de demander à un joueur de juger un MGS si son penchant naturel le pousse vers la simulation sportive.
D'ou cette incompréhension courante lorsque deux joueurs parlent d'un MGS : s'agit-il d'une des expérience ludique les plus prenantes qui soient, ou d'un jeu bancal coincé entre des cinématiques interminables ? Le débat aurait lieu d'être s'il avait une issue. Contentons nous de ceci : les MGS sont des jeux de qualité qui se réservent, comme toutes les œuvres élitistes, a un public très spécifique. Ne serait-ce que parce que, sur un bon tiers du temps mis à les terminer, ils s'écartent sérieusement du côté de l'œuvre narrative interactive - qui est le futur du jeu vidéo soit dit en passant…
J'ai toujours été pris, avec la série, dans une relation conflictuelle d'adoration/haine : adoration pour l'intelligence du scenario, la beauté des cinématiques, la richesse des personnages; haine pour la difficulté du jeu que rehaussait une maniabilité rigide à l'époque du 1 et du 2, et qui restait archaïque pour le 3 malgré une nette amélioration. Le premier point positif de MGS 4 est donc de taille : les scènes de jeu proprement dit sont largement à la hauteur des scènes d'histoire. Snake est fluide àmanier et répond à la moindre sollicitation, de manière beaucoup plus naturelle que par le passé. Le combat se fait aisément, tant dans l'action brutale que dans la discrétion ultime, et le système de visée rend l'affrontement, sinon souhaitable, du moins tout à fait réjouissant. Même les combats de boss, rendus légendaires pour des raisons toutes autres que le plaisir de jouer auparavant, sont ici de grands moments épiques. Et tout le jeu regorge de petites scènes assez imaginatives et fort agréables à jouer. Au final, je dirais qu'à ce sujet, et même sur la longueur, le jeu est exaltant, meme pour les mauvais joueurs comme grâce à l'auto-aim et la relative facilité à se procurer armes et munitions. Les amateurs d'infiltration ne seront pas non plus déçus par le système de camouflage adaptif, extrêmement bien pensé.
Visuellement, le jeu se place d'emblée tout en haut du podium de la next-gen. Les visages sont moins mobiles et détaillés que dans Mass Effect, mais transmettent parfaitement les émotions des personnages. Le monde est magnifique, crédible, cohérent, c'est un sans faute depuis l'animation des gekkos jusqu'à la modélisation des fleurs dans les champs. L'immersion est incroyable, les villes du moyen-orient, les metal gear en combat, tout concourt à plonger totalement le joueur dans le monde où se déroule le jeu.
Quant au reste, il s'agit de ce qui a toujours été la grande force des MGS : une histoire prenante, épique, émotionnellement intense, et mise en scène avec maestria. Certains chipoteront certainement : l'alternance jeu/cinématique est mal gérée, les briefings trainent en longueur, 90 minutes de film de fin, c'est du délire… Pour moi, on n'ouvre ni ne clôt un chef d'œuvre en quelques minutes, et il est infiniment satisfaisant, pour le joueur fidele, de voir toutes les trames scénaristiques superposées de la saga se rejoindrent et se résoudrent dans un des plus bel effort de cohérence qui soit. Un bémol peut-être sur certains traits comiques qui fonctionnent assez modérément cette fois (le singe peteur par exemple).
Kojima parfait ici ses qualités de conteur en mêlant plus que jamais le jeu et la narration dans un élan indémêlable, comme cette magnifique scène proche de la fin où un Snake mourant contrôlé par le joueur tente d'atteindre la fin d'un couloir radioactif, tandis que sur la partie haute de l'écran coupé en deux, les efforts désespérés de ses compagnons au dehors défilent vers une fin tragique. Superbe moment d'intense émotion, renforcé dans sa tension dramatique par la nécessité de marteler le bouton triangle pour avancer. Et ce n'est qu'un exemple parmis tant d'autres, qu'il s'agisse d'une filature nocturne ou de l'invasion d'un camp assiégé de tous cotes.
En conclusion, MGS 4 qu'il est l'aboutissement de la saga à tous points de vue. En plus de conclure l'histoire dans une explosion épique et dramatique, il en est l'épisode le plus fluide, agréable et prenant a jouer. Un chef d'œuvre ludique.
18:16 Publié dans Jeux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.08.2008
La vérité n'est plus ici
La simple annonce du tournage d'un film X-Files m'avait rendu hystérique. De bonheur, d'impatience, d'espoir. Sa vision me laisse amèrement déçu Je ne m'étendrai pas ici dans une longue analyse que ce film ne mérite finalement pas. Pour les spectateurs non avertis, I want to Believe est un thriller de plus, parfaitement au niveau de la médiocrité générale d’un cinéma américain sans ambitions.
Pour les amateurs de longue date, ceux pour qui certaines phrases de la série résonnent encore aujourd'hui comme des moments parmi les plus marquant de l'histoire de la télévision, pour ceux là le film est une honte innommable, une parenthèse misérable et vaine, six ans d'espoirs brisés par une heure et demi de vacuité et d'amateurisme cinématographique. Non content de mettre en place un scénario d'une banalité offensante, mené par des acteurs de seconde zone ou suffisamment peu enthousiastes pour communiquer leur ennui au monde entier, Carter se permet également de faire du film un stand-alone absolu, sans reprendre, croiser ou enfin clore les éléments de la mythologie restés en suspend depuis si longtemps. Aucune réponse, pas l'ombre d'un des personnages récurrents de la série (si ce ne sont deux minutes d'une secrétaire célèbre et trois phrases de Skinner sans intérêts), un caillou minuscule dans l'océan d'excellence que fut un jour X-Files. On est ici au niveau d'épisodes tels que Hell Money ou Grotesque, en pire.
Le pilier fondateur de la serie a toujours été le couple de Mulder et Scully. Ici, il n'est que le fantôme usé d'une histoire sur le retour. Quant à l'absence de Dogget et Reyes, elle est a elle seule le triste témoignage que Carter a largement baisse les bras face à sa propre création depuis trop longtemps. Nombre de fans avaient annoncé la chute d'X-Files à la fin de la troisième saison, puis de la septième. Elle vient d'advenir avec ce film affligeant.
Si jamais vous deviez consacrer neufs précieux euros à une sortie cet été, jetez-vous sur The Dark Knight, pas loin du chef d'oeuvre, lui.
The X-Files, I Want to Believe.
18:55 Publié dans Ecran | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.07.2008
Dr Horrible's Sing-Along Blog
Tout nouveau projet de Joss Whedon est pour moi la promesse d'un grand moment, mais Dr Horrible's Sing-Along Blog faisait d'emblée sonner les alarmes d'un divertissement délectable. Sans entrer dans les détails de la gestation du projet (grève des scénaristes, talent hors du commun, etc…) Dr Horrible se veut une mini série télévisée diffusée gratuitement sur internet en trois actes d'une quinzaine de minutes chacun. C'est aussi un Supervillain Musical, c'est a dire une comédie musicale de supervillain, comme il y a des films d'actions de super-héros !Evidemment, Once More With Feeling, l'épisode musical de Buffy vient immédiatement à l'esprit, et il faut dire que Joss Whedon réutilise globalement le même schéma avec bonheur : beaucoup d'humour, quelques moments d'émotion, le tout enrobé de chansons. Et quelles chansons ! Rien de révolutionnaire, mais des mélodies qui vous restent dans la tète pendant des heures, et des textes qui alternent le drôle et le pathétique - parfois dans la meme phrase.
Les acteurs sont tout simplement excellents : Neil Patrick Harris donne une vision de lui plus fragile mais toute aussi jouissive que dans How I Met Your Mother, incarnant le Doctor Horrible, faux méchant partagé entre sa mégalomanie - "The world is a mess… I just need to rule it." - et son amour secret pour Penny. Cette charmante jeune femme croisée au Lavomatic est incarnée par Felicia Day, la tète pensante derrière The Guild, et actrice de séries télévisées. Nathan Fillion enfin, dans le rôle du super héros infect Captain Hammer, est impérial, à son habitude.
Au final, et trépignant d'impatience pour la mise en ligne du dernier acte, je ne peux que recommander extrêmement chaudement cette bouffée d'air frais dans l'univers souvent convenu de la télé. Fait avec trois bouts de ficelle et beaucoup de courage, Dr Horrible est la preuve qu'il suffit d'avoir de bonnes idées et du talent pour créer des œuvres originales et réussies.
Attention, en ligne jusqu'au 20 juillet au soir seulement !!!
19:50 Publié dans Ecran | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


